234 JOURNAL D’UN OFFICIER D ORDONNANCE.
profité de je ne sais combien d’émeutes, se redresser,superbes et indignés, dès qu’on leur appliquait leurspropres procédés.
C’est toujours la même chose. 11 n’est pire gendarmequ’un émeutier converti, chambellan plus souplequ’un jacobin doré, patron plus dur qu’un ancienouvrier.
Ils voulaient poursuivre, arrêter, déférer aux con-seils de guerre, tous les gens qu’ils avaient reconnusdans cette échauffourée, qui n’avait en somme surcelle du & septembre qu’une infériorité : l’insuccès. Etavant de s’aller coucher, ils dressèrent des listes fortlongues de personnes à arrêter le lendemain,
Mais voilà que le lendemain matin, au ministèredes affairés étrangères où se réunissait le gouver-nement, le préfet de police arrive, et déclare qu’il serefuse absolument à inquiéter qui que ce soit pour lajournée de la veille; que sa parole a été donnée à Dorianet à Delescluze, stipulant, au nom des insurgés, quel’émeute ne donnerait lieu à aucune poursuite. Iloffre sa démission. On la refuse, et on se donne ren-dez-vous pour un nouveau conseil, le soir, chez legouverneur.
A ce conseil, Picard revient sur la nécessité d’arrê-ter les fauteurs du 31 octobre, et Adam sur la nécessitéde respecter la parole donnée.
— Qui a promis tout cela? crie M. Ferry.
— Mais, vous-même, riposte Adam.
— Ce n’est pas vrai.
Démenti, provocation. Ses collègues donnent tort à