LE TRENTE ET UN OCTOBRE.
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M. Ferry, qui s’excuse et tend la main au préfet depolice.
Le gouvernement persistant à ordonner des arres-tations, Adam persista à donner sa démission etquitta la préfecture de police. Quant à Dorian, dontla popularité offusquait et avait cependant sauvé legouvernement, on le supplia tellement de rester mi-nistre, qu’il resta.
M. Cresson fut nommé préfet de police.
On fit un procès aux auteurs du 31 octobre. On nemit la main que sur des comparses. Le procès ne si-gnifia rien. Il concorda avec l’armistice. Paris, qui nese souvenait déjà plus du 31 octobre, ne comprit rienà ces débats èt s’en désintéressa. Ceux que l’on con-damna à mort ne moururent pas, du moins de cechef. Quant à ceux qu’on mit en prison, ils n’y restèrentpas. La Commune arriva à temps pour faire des unset des autres des magistrats ou des généraux.
Voilà l’bistoire du 31 octobre.
Adam fit-il bien de quitter la Préfecture plutôt quede manquer à sa parole? Incontestablement. On n’estjamais forcé de donner sa parole d’honneur, vu qu’ona toujours la ressource de se faire tuer; mais quandon la donne, fût-ce à un condamné à mort, à un ban-dit, ou à un Apache, il faut la tenir, non pas pour lui,mais pour soi.
Turenne un jour fut dévalisé sur le Pont-Neuf. Iltenait à sa montre que lui avait donnée le roi. Il offritaux voleurs de la racheter au moyen d’une sommequ’illeur compterait le lendemain chez lui. Il donna sa