Buch 
Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
Entstehung
Seite
252
JPEG-Download
 

journal d'un officier dordonnance.

On cousait une bande de drap rouge à son pantalon,une douzaine de boutons blancs à une vareuse ou àun veston, on se coiffait dun képi de trente sous, onabattait ses favoris, et on était soldat, défenseur de laPatrie. Les gens isolés circulaient avec leurs fusils, serendant à un rassemblement quelconque; les omnibusparcouraient le boulevard, hérissés de canons de fusilset semblables à des pelotes dépingles ou à des porcs-épics.

Dans les cafés et les restaurants, mêmes alluresmartiales. Les places et les carrefours, le chemin desfortifications, étaient utilisés pour les exercices, desofficiers improvisés apprenaient ce quils ne savaientguère à des soldats novices qui ne savaient rien dutout.

Donc, tout le monde était soldat, ou à peu près.Quant à être bon soldat, ceci est une autre affaire.La bourgeoisie, les boutiquiers, les employés et laris-tocratie, qui fournissaient les bataillons du centre,firent leur devoir, posément, sérieusement. Quant auxbataillons des faubourgs, quant aux bataillons popu-laires, je mentirais en disant que cétaient de bonnestroupes, et je dois avoir le courage de déclarer quilsse réservèrent généralement tant quon neut que lesPrussiens à combattre, et quils ne se comportèrentun peu proprement, au point de vue militaire, quelorsquils eurent en face deux larmée française.

Il y avait trop de ce que nous appelons des « pra-tiques » dans ces bataillons, et quand elle nest pasmatée par des cadres énergiques, officiers ou sous-