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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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PARIS.

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restaurants, dans les bouillons, dans les crémeries.

Quelques grands restaurants seuls avaient conservéleur clientèle aristocratique : le café Anglais, Bignon,Voisin et Durand.

Ce fut au café Anglais quon mangea les dernièresbouchées de pain blanc. On pétrissait dans les caves.Voisin se distingua par la façon appétissante dont ilsut dénaturer les choses.

Dans les cercles, les officiers de bouche rivalisèrentde zèle et dingéniosité. La table des clubs fut uneressource précieuse pour nombre de Parisiens quiavaient mis leur famille en sûreté, et qui étaient re-venus prendre part, en garçons, aux fatigues et auxémotions du siège. Les prix des repas navaient étéaugmentés que dune façon insignifiante, et on pou-vait manger à sa faim sans dépenser en une semainela dot de sa femme.

Aussi les candidatures furent-elles nombreuses dansles grands cercles, nombreuses, mais repoussées pourla plupart, les anciens membres désirant ne pointtrop endetter la caisse chargée de subvenir à la table,et ne point épuiser trop vite les provisions accu-mulées.

Au Jockey-Club, il y eut cependant dassez nom-breuses admissions. La lutte est intéressante à rappe-ler, je le crois. On admit en janvier 1871 :

MM. le prince de Clermont-Tonnerre.

K. Blount.

Arthur OConnor.le baron Brunet.

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