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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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PARIS.

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fut énorme pendant toute cette période. Joignez à celales excitations continuelles des clubs, les fièvresentretenues par les dépêches invraisemblables et lesproclamations, obligatoirement ardentes, qui tom-baient de temps en temps au milieu de la population ;les alternatives continuelles denthousiasme, de co-lère, de déceptions et despérances; le trouble portédans les idées par des spectacles nouveaux, les pa-niques succédant aux confiances ; lébranlement cé-rébral produit par le grondement continu, dans lesderniers jours, des canons qui bombardaient; lesinquiétudes perpétuelles, et vous aurez les élémentsde ce quon a appelé la folie obsidionale.

Et encore les Parisiens de Paris, encadrés dansleur voisinage, connaissant leur quartier, soutenuspar la solidarité des relations, sen tiraient-ils tantbien que mal ; mais que dire de ces infortunés quiavaient fui devant linvasion, et sétaient engouffrésdans Paris sans y connaître personne? Que dire en-core des pauvres diables chassés de chez eux parle bombardement, et rabattus par les obus vers lecontre?

On avait réquisitionné pour tout ce monde deslogements inoccupés, dont quelques-uns étaient fortluxueusement décorés, et habités dordinaire par desfamilles aristocratiques. On campait dans des salonsadmirables. On étendait, entre des murs recouvertsde satin ou de moulùres dorées, des cordes sur les-quelles on faisait sécher le linge lavé, ou les langesdes bébés. On grillait du cheval dans des cheminées