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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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266 JOURNAL DUN OFFICIER DORDONNANCE.

de porphyre. Et ces réfugiés ahuris ne savaient sediriger dans les rues inconnues, restaient, hébétés,sans penser, sans savoir ils étaient et ils enétaient.

En ces premiers jours de décembre, Paris la nuit, et la nuit vient vite en décembre, était toutsimplement lugubre.

La Compagnie du Gaz, si habilement dirigée parM. Camus, avait fait tout ce quelle avait pu. Elle avait,au début, des approvisionnements considérables decombustible, mais quels approvisionnements au-raient pu résister aux huit cent mille becs de gazqui brûlent sur la voie publique à Paris, et aux mil-lions de becs allumés dans les locaux particuliers?Ceux- furent privés les premiers déclairage, puis,peu à peu, les lampadaires des rues allumés devinrentplus rares. Dans quelques-uns on mit des lampes àpétrole, dans dautres des bougies; mais la plupartrestèrent sombres, laissant grandir autour deux lesimmenses taches dombre qui sétendaient sur laville.

Paris sans gaz est effrayant. Quand on marche àtravers champs, fit-il noir comme dans un four, on ale sentiment que tout repose, que tout dort autour desoi. A travers Paris il en va autrement. Dans le silenceet dans lobscurité, on a le sentiment que quelquechose dénorme et de malade se remue et se traîneautour de vous. On est positivement terrifié. On secroirait dans une cave pleine de frôlements suspects,de plaintes sourdes, de chausse-trapes béantes, alors