PARIS.
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que la terreur paralyse et qu’on sent sur sa tête sescheveux qui se hérissent et se décolorent.
La Compagnie du Gaz, à mesure qu’elle restreignaitson allumage, versait son personnel inoccupé dans lescadres d’un bataillon, puis de deux bataillons organiséspar elle, et merveilleusement organisés.
Et elle ménageait ses ressources de combustiblepour faire face au gonflement des ballons, et pour lacompensation des fuites dans le système des con-duites.
Tout le monde connaît l’histoire des ballons pen-dant le siège. Ce fut sur la place Saint-Pierre, à Mont-martre, que fut établie leur gare, et le premier quis’éleva, le 12 septembre, fut un ballon captif de 1,200mètres cubes, qui devait servir d’observatoire mili-taire, et qu’on lança avec le premier paquet de lettresle 24 septembre.
Quant à la compensation des fuites dans les con-duites, elle était de la première nécessité, voici pour-quoi. Tout le monde sait que le gaz d’éclairage estcombustible, mais non détonant; il ne forme de mé-lange détonant que lorsqu’il est mélangé avec l’airdans une certaine proportion.
Pour éviter ce mélange, il faut que les conduitessoient toujours remplies. Moyennant quoi, on n’a pasà redouter de voir, comme on le craignait pendant lesiège, un quartier sauter parce qu’un gazomètre feraitexplosion.
D’abord un gazomètre ne fait pas explosion. Le gazqu’il contient se brûle en une gerbe immense, si on