2G8 JOURNAL d’üN OFFICIER D ORDONNANCE.
y met le feu, et puis c’est tout. L’exemple s’en estproduit alors. Un obus allemand a éclaté dans ungazomètre. Le gaz a brûlé et s’est échappé en quel-ques secondes, comme un météore gigantesque etflambant, par l’ouverture produite par l’obus, et celas’est terminé ainsi. Un autre obus a éclaté dans unautre gazomètre, et cette fois-là, le gaz n’a même pasété enflammé. Le personnel du Gaz avait préparédans chaque usine des plaques de tôle toutes boulon-nées, prêtes à remplacer les parties perforées. Cesmesures de précaution ont été appliquées, et desréparations ont été exécutées sous le feu.
Il serait injuste de ne pas mentionner l’organisationd’une ambulance et les généreux sacrifices pécuniaires,que la défense de la capitale doit à la puissante Com-pagnie parisienne.
Je viens de parler des ballons, et c’est à vous queje pen'se aussitôt, pauvres petits messagers, chétivescréatures, qui avez porté sous votre aile tant de joies,de tristesses, d’espérances et de douleurs, ô pigeonsvoyageurs, lignée de la colombe de l’Arche, qui,comme elle, partiez de l’arche dont Trochu était leNoé, et qui ne reveniez pas, hélas ! aussitôt qu’elle,avertir, un rameau d’olivier au bec, les passagers quele déluge était fini, que les eaux rentraient dans leurlit, que l’Allemand regagnait sa patrie agrandie auxdépens de la nôtre.
Si vous aviez vécu dans l’antiquité, braves petitesestafettes, on vous eût dressé des autels, ou tout aumoins ouvert des refuges, comme à Venise. Vous