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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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PARIS.

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Mellinet; le duc de Castries, sous-lieutenant de cava-lerie; M. Arthur Meyer, et le capitaine de Neverlée.

On devait sortir et se battre le lendemain. On buvaitdonc du champagne.

Tout à coup Neverlée, un beau et intelligent garçonque javais connu en Chine, dit, en levant sa coupe,comme pour un toast :

Cest mon dernier verre de champagne. Je seraitué demain.

Les autres de se récrier.

Je serai tué demain,répétait obstinément Neverlée.

A ce moment survint un Américain, M. Hutton, quiavait été arrêté comme espion prussien au commen-cement du siège, puis relâché. Il sétait placé dans lesambulances, et il passait pour un monsieur très bieninformé.

Il tenait à la main un des premiers exemplaires dela proclamation de Ducrot, quil était allé chercher àlétat-major du général.

Mort ou victorieux, répétait-il.

Le surlendemain, Neverlée était tué à quelquesmètres dun mur crénelé. Lui et son cheval avaientreçu trente-huit balles.

Le duc de Castries, qui aimait Neverlée comme unfrère, décida, je ne sais à quel prix, un cocher de fia-cre à le mener sur le champ de bataille. Il retournaitles morts les uns après les autres, et trouva enfinsous un monceau de cadavres le corps de son ami,quil ramena côte à côte avec lui dans la voiture.

Nétait-ce pas beau?