VILLIERS-CHAMPIGNY.
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peu près inexpugnables de Châtùion, perdues par nousdès le début du siège.
Restaient l’ouest et l’est.
A l’ouest se trouvait la Normandie, contrée tout in-diquée pour un ravitaillement facile et abondant, qu’ilétait utile d’enlever à l’ennemi afin d’en profiter nous-mêmes. On étudia donc la sortie par l’ouest, et onavait la presque certitude qu’à cet endroit le cordonallemand était moins épais qu’ailleurs.
Cependant les armées de province évoluaient au-tour d’Orléans en appuyant sur leur droite. Les ren-contrer, les fondre avec une armée de sortie de Paris,recoudre, en quelque sorte, ainsi au reste du territoirele lambeau parisien détaché et incisé par l'armée alle-mande, était sans contredit la manœuvre la plus ra-tionnelle. Les vivres de ce côté étaient moins abon-dants, moins faciles à conquérir. Mais la victoireeût donné plus de résultats militaires, et produitun immense effet moral. On décida qu’on sortiraitpar l’est.
On prépara des équipages de ponts, pour les jetersur la Marne entre Joinville-le-Pont et Nogent. Onréquisitionna les bateaux-omnibus pour le transportdes blessés et d’une partie du matériel. On indiqua auxgénéraux que leurs troupes seraient massées dans lechamp de manœuvres de Vincennes.
Le mouvement commença le 28 novembre. Il futannoncé à la population par trois proclamations affi-chées ensemble, la première signée par les membresdu gouvernement, la seconde par le gouverneur seul,
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