VILUERS-CHAMPIGNY
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de division Renault qu’on rapportait, la jambe briséepar un éclat d’obus.
Pauvre vieux Renault! quel soldat! En Afrique onl’avait surnommé « Renault l’Arrière-garde. » Il necomprenait quelabaïonnette.etn’auraitjamaispermis,s’il l’eût osé, à ses soldats de tirer un coup de fusil.Avant chaque action, il faisait affûter son sabre, commeun bon ouvrier qui va se servir d’un outil familier.
On le transporta chez lui. Il vécut quatre joursencore, sans même se douter qu’on lui avait coupé lajambe, entêté à lire les journaux pour connaître lesnouvelles, presque toujours en proie à un délire ter-rible, dans lequel il accusait constamment le pauvregénéral Trochu, qui était devenu sa bête noire, et lecouvrait d’injures.
Au retour, la rencontre que je fis n’était pas seule-ment dramatique, elle était navrante, et en quelquesorte providentielle.
Il faut savoir que dans les derniers jours de no-vembre, alors qu’une bataille était vaguement annon-cée et attendue, les d amandes de permis de circulationdélivrés aux personnes qui désiraient aller chercherdes blessés sur les champs de bataille, s’étaient mul-tipliées dans des proportions considérables.
Or, plusieurs fois déjà, la sortie de ces garde-maladesvolontaires qui s’en allaient avec des tapissières, desfiacres, des chars à bancs, des voitures de maître, surles terrains de combat, avaient gêné le mouvement denos troupes lorsque, selon la formule consacrée, ellesse repliaient en bon ordre, et amené des scènes de