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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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282 JOURNAL D UN OFFICIER D ORDONNANCE.

confusion. Le gouverneur, qui en avait été témoin,avait donné l’ordre de suspendre la distribution despermis que nous avions toujours été chargés, pendantnos heures de service, de délivrer nous-mêmes.

L’avant-veille de la sortie, je reçus, dans le salonvert, la visite de deux dames, fort bien mises, quivenaient demander, avec un permis, la faveur d’allerchercher un blessé et de le soigner chez elles.

Je refusai d’abord, et l’une d’elles, les larmes auxyeux, m’ayant dit : « Voyez-vous, Monsieur, j’ai monneveu à l’armée de la Loire. Et il me semble que ceque je ferais pour un de nos pauvres soldats l’empê-cherait d’être jamais abandonné sur un champ debataille, s’il avait le malheur d’être blessé », —je ré-pondis que les ordres étaient formels, et qu’il m’étaitimpossible de les satisfaire.

Elles se retirèrent. Je ne sais pourquoi, lorsqu’ellesfurent parties, un remords me traversa l’esprit et meserra le cœur. J’envoyai un planton derrière elles. Illes rattrapa dans la cour et les pria de remonter.

— Je vais, leur dis-je, Mesdames, abuser de masituation. Le gouverneur ratifiant toujours les déci-sions que prennent ses officiers, je vais vous signerun permis, et... à la grâce de Dieul

Elles se confondirent en remerciements, et je n’ypensai plus.

Or, pendant que je revenais de l’aile gauche, à lanuit tombante, laissant à mon cheval fatigué la bridesur le cou, regardant à l’horizon les lueurs du cou-chant, tout à l’heure rouges, maintenant violettes, sur