V1LLIERS- CÏIAMPIGNY.
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neur, et c’était la première affaire un peu importantequi allait se passer sous Paris, sans que j’y prisse mamodeste petite part. Cela me contrariait.
Le Louvre était à peu près vide. Le général Trochuet tout son état-major étaient sur le champ de ba-taille, et, en dehors des officiers d’administration etdu personnel des bureaux, il ne restait dans ce grandbâtiment désert, dans ces grandes salles toujours sianimées, et ce jour-là si froides et si vides, que legénéral Schmitz et moi.
Le général me fit appeler par un planton, me fitsigne de m’asseoir, vint lui-même prendre un fauteuilauprès de la cheminée et me dit :
— Je ne voulais pas vous envoyer au feu aujour-d’hui. C’était de toute justice, car vous avez marchéplus souvent qu’à votre tour. J’aurais désiré vouséviter cette affaire afin de vous permettre de soignervotre frère. Berthaut m’en a parlé, et je suis allé levoir. Son état moral est au moins aussi grave queson état physique, et je comprends que vous soyezinquiet des suites de la blessure qu’il a reçue avant-hier.
Entre militaires, on n’est guère habitué à des atten-tions semblables, à une pareille bonté, à une pré-voyance si paternelle,et—pourquoi ne pas l’avouer?—je fus attendri jusqu’aux larmes. Le général con-tinua :
— Je suis néanmoins obligé de vous prier d’allerrejoindre immédiatement le général Trochu. Écoutez-moi bien. C’est très important. Il vient d’arriver un