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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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298 JOURNAL DUN OFFICIER DORDONNANCE.

est couché à terre, broutant tranquillement la bonneherbe gelée, craquante, pralinée de givre, qui lenourrit, le rafraîchit et le désaltère. La pauvre bêtoest aussi paisible que dans son écurie. Elle aura faitau moins un bon repas avant de mourir.

Nous avons cessé dêtre dans la zone dangereuse,et involontairement on se met à respirer plus fran-chement.

Cest devant nous et à plus de cinq cents mètres,par conséquent sur un espace aussi abrité et sûr,pourrait-on croire, quun boudoir de jolie femme, quevient dêtre blessé par un obus absolument égaré,parti on ne sait d, le brillant et infortuné comman-dant Franchetti, le chef dun escadron déclaireurs levépar lui et admirablement monté. Ducrot la envoyéen arrière pour faire avancer des caissons dartilleriede réserve. La blessure est mortelle. Pauvre, pauvregarçon !

Cest un de ces hasards quon appelle providen-tiels quand ils sont heureux, et fatals quand ils sontmalheureux.

En somme, laffaire avait bien marché. Nous nousétions battus une première journée. Nous avions passéune seconde journée sur place à nous refaire et ànous reconstituer. Nous venions de tenir une troisièmejournée dans desconditions honorables.Nonseulementnous navions pas été refoulés, mais les troupes cam-paient sur des positions occupées par lennemi.

Alors? Alors...voilà tout. Sortir?Personne parmi lesgénéraux nen avait seulement la pensée, et la preuve,