VILLIERS-CHAMPIGNY.
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c’est qu’on n’avait même pas fait emporter aux soldatsleurs couvertures pour passer la nuit. Quant à desconvois de vivres nécessaires à une armée en marche,ils étaient inutiles puisqu’on devait rentrer, puisqu’ondevait rentrer quoi qu’il arrivât, et eût-on dispersé,anéanti, la portion de l’armée prussienne qui étaitdevant nous.
Les gardes nationaux seuls s’imaginaient qu’onallait sortir. Pauvres gardes nationaux ! leur intelli-gence fut mise pendant le siège à de rudes épreuves,et ils ne comprirent pas grand’chose à ce qui se pas-sait. ils ne se doutèrent pas un seul jour des possibi-lités et des nécessités de la situation, et personnen’eut jamais le courage de les leur expliquer, per-sonne n’osa leur dire : « Mes bons amis, votre devoirest de résister le plus longtemps que vous pourrez, et,par de continuelles batailles, de faire le plus de malpossible à l’ennemi, que vous retenez autour de vous,et dont vous débarrassez ainsi le reste de la France.Mais ne vous imaginez pas un seul instant que vouspourrez percer les lignes d’investissement d’une façonutile, c’est-à-dire pour sortir et aller vaincre avec lesarmées de province. Gela ne s’est jamais vu, et ne scverra jamais. La victoire la plus complète sur un pointne vous rendrait pas la liberté. »
Ce que ne pouvait comprendre non plus le gardenational, c’est que devant les Prussiens combattant àcinq cents lieues de chez eux et cependant bien vêtus,suffisamment nourris, toujours frais, nos soldats, àune heure de la capitale, chez eux, crevassent de