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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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306 JOURNAL D'UN OFFICIER DORDONNANCE.

quelques sacs de bonbons. Mais les étrennes les pluscourantes, les plus recherchées, les plus intelligentes,furent les comestibles. On était accueilli par des crisde joie, quand on arrivait avec un bouquet composédun chou entouré dune fine collerette de papier dé-coupé, ou dune botte de carottes pareillement ornée.Quelques nababs allèrent jusquà la volaille. Lesgens simples échangeaient des boîtes de conserves.On réveillonna, on mangea du boudin, on fit descrêpes et des bons mots.

Je sais des Parisiens, ceux- sont les meilleurs, qui, sils avaient vécu à Pompéi, auraient nargué lalave et auraient certainement été retrouvés, par leXVII e siècle, dans lattitude peu romaine et peu clas-sique du citoyen dans la position du pied de nez.

Il nest pas toujours nécessaire dêtre solennel,gourmé ou pleurnicheur, pour accomplir son devoir,plus que son devoir même ; et personne, en Francedu moins, na posé en principe que lhéroïsme nepouvait marcher de front avec la gaîté.

A lheure jécris, la gaîté, je le sais, est en fuite,ou, pour emprunter au siège une expression familière,« se replie en bon ordre »; mais je crains bien, hélas 1que lhéroïsme ne lait précédée dans cette débâcledes vieux sentiments français.