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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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308 JOURNAL düN OFFICIER DORDONNANCE.

Après Champigny, après le second combat duBourget, après lévacuation du plateau dAvron, lesclubs continuant à tonner, les farceurs sinistres quiallaient organiser la Commune commencèrent àsagiter.

Leur thème était toujours le même. Le gouverne-ment était incapable. Il fallait que Paris prît en mainsla défense de ses destinées.

Et la garde nationale se fédérait, et la garde natio-nale manifestait. Et petità petit,entrait dans lesprit deschefs cette pensée cruelle, impie, et cependant toutelogique, que ce monde turbulent ne se tiendraittranquille que lorsquil se serait fait un peu tuer, etque, pour guérir Paris de sa lièvre, pour faire tomberson exaltation, il fallait lui soustraire quelques pintesde sang.

Ces gaillards- ne seront contents que lorsquenous leur aurons démontré, ad hominem, quils sontincapables de sen tirer, et quil est- temps de poserles armes, chuchotait-on tout bas dans les états-majors.

Cest épouvantable, je le sais bien. Mais commentfaire, comment prouver à des gens incapables derien entendre aux choses militaires, quil ny avaitplus quà rester immobile, larme au pied, atten-dant sous les obus qui commençaient à tomber surParis, car le bombardement était le cadeau, lesétrennes, de la Prusse à la capitale, jusquà ce quilrestât tout juste assez de pain dans la huche pourquon eût le temps den aller chercher dautre ?