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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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312 JOURNAL düN OFFICIER DORDONNANCE.

circulaient des voitures appartenant aux ambu-lances étrangères. Dans cette foule dinfirmiers volon-taires, la majorité était absolument dévouée et sincère,mais qui pouvait dire quil ny avait pas de traîtresau milieu delle ? Quand on a vu les choses de près,quand on a lu les dépositions, les documents, toutesles paperasses des enquêtes, on demeure persuadéquil y avait un personnel tout à fait disposé àprévenir lennemi de ce quil savait.

Ma commission faite et le mouvement exécuté, jemen retournai vers le Mont-Yalérien ; javais à peinetourné mon cheval dans celte direction, quand unobus vint tomber si près de moi et du cavalier quime suivait, et dont la monture effarée par le bruitsétait instinctivement rapprochée de la mienne, queje fus couvert de terre et de boue : jentendais enmême temps un concert de sifflements aigus, de bour-donnements graves, mêlés de notes sonores et de notesdouces, tous les bruits, en un mot, que produisent,en traversant latmosphère, les éclats dobus, suivantleurs formes et leurs dimensions.

Au moment je bataillais avec mon cheval qui,vigoureusement cinglé, voulait semballer, je fusdépassé par mon cavalier. Il était encore en selle.Mais un éclat lui avait enlevé tout le bas-ventre, etemporté tous les intestins. La partie supérieure deson corps ne tenait plus à la partie inférieure que parlépine dorsale, et, depuis les côtes jusquaux cuisses,un trou énorme et rouge était béant. Il allongea lesbras et tomba, pendant que son cheval, blessé au garrot,