BUZENVAL.
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s’élançait à travers l’espace avec un bruyant cliquetisd’étriers vides. Un grand frisson me secoua.
Trois kilomètres plus loin, j’allais sortir de la zonedangereuse, lorsque je me trouvai tout à coup aumilieu d’un bataillon de mobiles, dont les hommes,vautrés dans la boue, étaient cachés à l’ennemi parun pli de terrain.
— Que faites-vous là, mon commandant? dis-je auchef de bataillon.
— Nous attendons des ordres.
— Mais toute l’armée est en avant. Vous êtes troppeu nombreux pour constituer une réserve.
— Je crois en effet que nous avons été oubliés,car il y a sept heures que nous sommes ici.
— Portez-vous en avant. Vinoy vient justement dedemander du monde.
— C’est possible, mais nous attendons des ordres.
— Eh bien, je vous denne l’ordre de vous porteren avant.
— Je n’ai pas d'ordre à recevoir de vous, capitaine.
— Vous avez raison, car vous auriez dû marcherde vous-mêmes et vous rapprocher dès que vous vousêtes vus oubliés. Je suis oflicier d’ordonnance dugénéral en chef, et si vous ne ralliez pas immédiate-ment vos hommes, si vous n’exécutez pas le mouve-ment que je vous indique, c’est un autre que moi quiviendra vous transmettre les volontés du gouverneur,et, très probablement, dans d’autres termes que ceuxque j’ai l’honneur d’employer.
11 ne répondit rien, rallia ses hommes et se mit en
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