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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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31i JOURNAL D'UN OlllClER D’ORDONNANCE.

route, après m’avoir lancé un regard noir dont je mesuis longtemps souvenu.

Rentrée au fort, et immédiatement nouvelle excur-sion, à droite, cette fois. A l’extrémité du parc deBuzenval, il y a un mur qui semble arrêter l’action dece côté. Il faut aller demander pourquoi on n’emploiepas le canon.

J’arrive, et voici ce que je découvre.

Un régiment de garde nationale est là, depuis lematin, en bataille devant le mur et un peu plus bas.

Dans ce mur il y aune brèche, et les Prussiens, del’autre côté, couvrent cette brèche de balles, pourempêcher qu’on ne débouche derrière celte muraillequi les abrite.

Les tambours battent la charge, le colonel com-mande : « En avant ! » le régiment crie : « Vive la Répu-blique! » et... personne ne bouge. Il y a trois heuresque cela dure. Ducrot en personne est venu crier :« En avant 1 » On lui a répondu par des cris, et per-sonne n’a remué.

On n’a pas de canon sous la main pour abattre lemur. Alors arrive une compagnie de ligne commandéepar un lieutenant maigre, à l’air dur. C’est, je crois, lelieutenant Napoléon Ney.

Il place ses hommes devant la garde nationale, etcommande à un sergent de franchir la brèche à latête de sa section. Le sergent part, entend siffler lesballes,et fait signe que c’est impossible. Le lieutenantfait le geste de lui arracher ses galons. Le soldat lerepousse et marche droit à la brèche. Il tombe criblé