BUZENVAL.
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de balles. Mais derrière lui la compagnie entière estarrivée, elle hésite devant le trou, et je vois le lieute-nant saisir ses soldats à bras-le-corps et les bourreilittéralement dans la brèche. Ils la franchissent, sedéploient en tirailleurs, délogent les Prussiens. Lemur est dépassé.
Je retourne une seconde fois au fort. C’est encoremon tour de marcher, car tous mes collègues ont étéenvoyés en mission pendant mon absence. Cette foisla consigne n’a rien de périlleux. Il s’agit simplementde ramener à Paris une soixantaine de prisonniersallemands. Ils se forment quatre par quatre, et, flanquésde mobiles à droite et à gauche, ils partent.
Persuadés que personne chez nous ne comprendl’allemand, ils échangent en marchant des réflexionsnaïves, amusantes et caractéristiques.
— On dit qu’ils tuent les prisonniers, dit l’un.
— Ce n’est pas vrai, répond un autre. Seulement ilne doit pas y avoir de quoi manger.
— Ça ne fait rien, reprend un troisième, je suisencore content d’en être quitte sans blessure, etcomme cela, au moins, je verrai Paris.
Et leurs yeux brillent à ce mot : Paris, véritableterre de Chanaan où ils commençaient à désespérer dejamais entrer, en dépit des promesses de leurs chefs.
Grâce à cette mission pacifique, j’évitai de partageravec le gouverneur le plus grand danger qu’il ait courupendant tout le siège.
La nuit tombait. Pour essayer un suprême effortavant la chute du jour, en ce combat qu’il savait