SIS JOURNAL d’un OFFICIER D’ORDONNANCE.
On tint immédiatement une sorte de grand conseilauquel assistèrent, avec le gouvernement, non seule-ment les généraux, mais encore les maires de Paris.
— Il n’y a rien à faire, dirent les généraux.
— Votre position n’est plus tenable, dirent lesmaires au gouverneur. Retirez-vous.
— Je ne donnerai pas ma démission. Révoquez-moi,répliqua le général qui entama un long discours surl’état de l’armée, sur l’inconvénient des jeunes trou-pes, et qui, néanmoins, laissa percer le désir de re-noncer à sa situation militaire.
« Révoquez-moi » est bientôt dit; mais qui pouvaitrévoquer le général Trochu? Ses collègues? Il avaitautant de droits qu’eux. Le peuple? Comment? parquel procédé?
Enfin, révoqué ou démissionnaire, le gouverneur deParis se retira, tout en conservant la présidence dugouvernement. Il ne pouvait agir autrement en facede l’attitude, unanime cette fois, de la population.Inutile, je pense, de dire que ceux-là mêmes quis’étaient montrés, à Ruzenval, les plus prompts à lafuite, ne furent pas les plus lents à le charger. Ils nolui pardonnaient pas leur triste conduite.
Le lendemain, un conseil de guerre fut réuni, auquelon convoqua les généraux, les colonels, jusqu’auxcommandants. Tous se courbèrent devant l’inexorablenécessité de mettre bas les armes.
Le même jour, vers minuit, les amis de Flourensenvahirent Mazas et en tirèrent leur idole. Le len-demain 22 janvier, on tenta de recommencer le 31 oc-