BUZENVAL.
319
tobre, mais, cette fois, l’Hôtel de Ville ne fut pasenvahi. Les mobiles bretons garnissaient le palaismunicipal. Les gardes nationaux massés sur la placetirèrent sur eux : ils ripostèrent. Il y eut des morts etdes blessés, et les ambulances à drapeaux blancs bar-rés de croix rouges, après avoir recueilli les victimesdu devoir tombées sur le champ de bataille, recueil-lirent les victimes de l’émeute tombées dans les rues.Chaudey, l’adjoint du maire de Paris, était ce jour-làà l’Hôtel de Ville. Il fut accusé d’avoir commandé lefeu. Il devait partager plus tard le sort de ClémentThomas.
Avec le commandement du général Trochu pre-naient fin les fonctions du général Schmitz. Le chefd’état-major général suivait son chef dans sa retraite,et le général Vinoy, qui remplaçait le général Trochu,avait choisi comme collaborateur le général de Val-dan. Notre mission était terminée.
Le général Trochu, au lendemain de sa chute, nousdit un mot qui m’est resté dans la mémoire, parce qu’ilétait à la fois empreint de mysticisme et d’un orgueilnaïf, colossal, presque blasphématoire.
— Je suis,nous dit-il, le Jésus-Christ de la situation!
La comparaison était-elle empreinte d’un goûtexquis? Je l’ignore. En tout cas, elle péchait un peupar la base, car Jésus-Christ mourut, et Trochu vitencore; Jésus-Christ sauva l’humanité, et Trochu nosauva rien du tout.
L’avouerai-je? Je quittai sans regret le Louvre. Cemétier d’écureuil qui court tout le temps dans un