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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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A VERSAILLES.

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Favre avtour dun vieux berlingot de campagne, fermé,doublé de toile perse blanche à fleurs bleues, etentouré dune escorte de uhlans.

On saborda en se saluant de part et dautre, et jevis que les officiers allemands, qui probablementavaient reçu leurs instructions, affectaient de croireque le ministre ne faisait que traverser les lignesprussiennes pour se rendre à Londres, afin dassisterà une conférence qui sy tenait alors, en vue de réglerla question de la mer Noire.

Plusieurs jours auparavant, M. Jules Favre, en effet,invité par le gouvernement anglais à cette conférence,avait demandé un laissez-passer au comte de Bis-marck. Celui-ci avait dabord consenti au voyage.Puis, craignant quil ne profitât de cette réuniondiplomatique pour implorer l'assistance des neutres,nadmettant point que lEurope reconnût la Répu-blique en discutant avec elle, avant que lui, comte deBismarck, eût décidé sil devait traiter avec elle ouramener lEmpire, il avait finalement refusé le sauf-conduit. Jules Favre, à qui le voyage ne souriaitguère, avait même écrit à M. de Bismarck et lavaitremercié de son refus, qui, disait-il, le rappelait ausentiment de ses devoirs.

Le ministre ne me demandant pas de laccompagnerplus loin, il ny avait pas de raison pour que joffrissema compagnie. Je le laissai donc séloigner dans sonberlingot entouré de uhlans. Je vis disparaître le petitcortège au détour d'une rue, et, pour lattendre, jerestai à coucher à Sèvres.