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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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330 JOURNAL düN OFFICIER DORDONNANCE.

Il ne revint pas le même soir, et ne reparut que lelendemain assez tard dans laprès-midi.

Son premier mot, en me retrouvant sur le quai au-près de ma barque, fut celui-ci :

Ah I mon cher enfant, jai eu tort de ne pas vousemmener. Jai trop souffert. Si vous voulez, nous nenous quitterons plus lorsque je retournerai à Ver-sailles.

Quand on causait avec Jules Favre, à cette époque,et encore maintenant, lorsquon parcourt ses dé-pêches, sa correspondance, ses rapports, ses livres, onsaperçoit quil joua tout le temps le rôle de ce person-nage de je ne sais quelle comédie qui traverse toute unepièce en répétant continuellement : « Que je souffre,mon Dieu, que je souffre! Oh! ma tête, ma tête! » Celaest très comique. Mais, à cette époque, il exprimait cesplaintes avec tant de conviction, il mettait une tellesincérité dans ses jérémiades, quil nexcitait pasdautre sentiment que celui de la commisération.

Je lui répondis que jétais à son entière disposition,et, en revenant dans le coupé de lEmpereur, il meraconta en détail ses deux entrevues avec le chance-lier. Son récit, que jécrivis le soir même, diffère sen-siblement de celui quil prétend, dans son livre, avoirdicté le lendemain et quil a publié.

11 avait été conduit directement à lhôtel deM me Jessé, à Versailles, 23, rue de Provence, demeuretout à fait modeste quoccupait M. de Bismarck, etqui navait pour le retenir que lavantage de sa proxi-mité avec la Préfecture, logeait le roi de Prusse,