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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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348 JOURNAL düN OFFICIER DORDONNANCE.

Le soir même, après notre rentrée à Paris, il futdécidé que le général de Beaufort dHautpoul seraitchargé de cette mission désagréable, et je fus priéde porter au général une dépêche lui ordonnantdaccompagner le ministre à Versailles en qualité denégociateur militaire.

Ce brave et digne soldat, qui demeurait avenue doNeuilly, manifesta devant moi une surprise et un cha-grin extrêmes, quand il eut pris connaissance de ladépêche. Il se promenait à grands pas dans son salon,gesticulant et sécriant :

Il est impossible quon me demande une pareillechose! On na pas le droit de déshonorer la carrièredun vieux soldat, en lobligeant à mettre son nom aubas dune semblable capitulation. Est-ce que je suisresponsable, moi? Est-ce que jai commandé en chef,moi? Jamais je ne ferai cela... Jaime mieux mourir...

Et il se mit à pleurer comme un enfant. Ses larmescoulaient de ses joues de brique et ségouttaient lelong de ses blanches moustaches. Cétait navrant. Ilen revenait toujours à la même idée :

Mais pourquoi ma-t-on choisi? Pourquoi moiplutôt quun autre ?

On conçoit que je nétais pas parti sans savoirdavance ce que je devais répondre à ses objections,parfaitement prévues par létat-major et par legouvernement. Je fis donc observer au général quilétait le plus ancien divisionnaire de larmée de Paris.

Mais pas du tout, répliqua-t-il vivement. Il y aà Paris des divisionnaires de ma promotion.