A VERSAILLES.
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cigare à moitié consumé et fumant encore sur le bordJe la soucoupe, et, frappant très sèchement avecl'index sur la table, il s’écria :
— Il faut pourtant que je le prenne, car j’entendsle promener dans Berlin, avec un écriteau dans le doset ces mots : « Voilà la reconnaissance de l’Italie. »Comment! Après tout ce que nous avons fait pour cesgcns-làl... C’est ignoble!
Je me permis alors une chose assez hardie, maisqui, vis-à-vis d’un homme de la distinction et surtoutde l’éducation du comte de Bismarck, pouvait avoirune chance de réussir, et qui réussit en effet.
Je pris la soucoupe aux cigares ; moitié souriant,moitié incliné, dans l’attitude du respect et de la sup-plication, je la lui tendis.
Il resta quelques secondes sans comprendre, puis,la flamme de ses yeux s’éteignit tout à coup.
— Vous avez raison, capitaine, dit-il, il est inutilede se fâcher. Cela ne mène à rien... au contraire!
Et la conversation reprit son diapason habituel,modéré. L’armée de Garibaldi, et Garibaldi lui-môme,furent compris dans l’armistice.
Cependant, MM. de Bismarck et Jules Favre ne pou-vaient à eux deux tout conclure. Il y avait des ques-tions techniques àrésoudre, pour lesquelles l’interven-tion des militaires était nécessaire, et il fut convenuque le gouvernement de Paris désignerait un général,muni des pleins pouvoirs du commandant en chef,qui viendrait le lendemain conférer avec M. de Bis-inirck d’abord, et ensuite avec M. de Moltke.