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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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A VERSAILLES.

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cigare à moitié consumé et fumant encore sur le bordJe la soucoupe, et, frappant très sèchement avecl'index sur la table, il sécria :

Il faut pourtant que je le prenne, car jentendsle promener dans Berlin, avec un écriteau dans le doset ces mots : « Voilà la reconnaissance de lItalie. »Comment! Après tout ce que nous avons fait pour cesgcns-làl... Cest ignoble!

Je me permis alors une chose assez hardie, maisqui, vis-à-vis dun homme de la distinction et surtoutde léducation du comte de Bismarck, pouvait avoirune chance de réussir, et qui réussit en effet.

Je pris la soucoupe aux cigares ; moitié souriant,moitié incliné, dans lattitude du respect et de la sup-plication, je la lui tendis.

Il resta quelques secondes sans comprendre, puis,la flamme de ses yeux séteignit tout à coup.

Vous avez raison, capitaine, dit-il, il est inutilede se fâcher. Cela ne mène à rien... au contraire!

Et la conversation reprit son diapason habituel,modéré. Larmée de Garibaldi, et Garibaldi lui-môme,furent compris dans larmistice.

Cependant, MM. de Bismarck et Jules Favre ne pou-vaient à eux deux tout conclure. Il y avait des ques-tions techniques àrésoudre, pour lesquelles linterven-tion des militaires était nécessaire, et il fut convenuque le gouvernement de Paris désignerait un général,muni des pleins pouvoirs du commandant en chef,qui viendrait le lendemain conférer avec M. de Bis-inirck dabord, et ensuite avec M. de Moltke.