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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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356 JOURNAL ûUN OFFICIER DORDONNANCE.

nation, ni la rendre prospère, en dehors du principedautorité, cest-à-dire de monarchie.

Et comme Jules Favre protestait :

Vous y arriverez, continua le chancelier; ce seramalgré vous, je veux bien ladmettre, mais vous yarriverez tout de môme. Vous êtes trop clairvoyantpour de pas le reconnaître bientôt, et trop bon pa-triote pour persister alors dans vos erreurs. Regardez-moi, moi qui vous parle. Gomment ai-je débuté ? Jaiclé libéral, et ce nest que par la force du raison-nement, par lévidence des faits et par lexpériencedes hommes, quaimant ma patrie, voulant son bien,sa grandeur, je suis devenu conservateur, autoritaire,si vous préférez. Cest lEmpereur qui ma converti.Ma reconnaissance pour lui, ma respectueuse affection,datent de ce temps éloigné et de cette époque difficile, il avait tellement pris confiance en moi quil mesoutint seul envers et contre tous. Si aujourdhui jesuis lhomme que vous voyez, si jai rendu quelquesservices à ma patrie, cest uniquement à lEmpereurque je le dois, et je ne me lasse pas plus de le dire queje ne me lasse daimer mon souverain.

Jules Favre ne répliqua rien à cette profession defoi; je mimagine que, plus tard, lorsquil demandapardon à Dieu et aux hommes, lécho déjà lointaindes paroles du chancelier dut vibrer dans sa pauvrecervelle fatiguée.

Jai expliqué comment la mission militaire du géné-ral dHautpoul se termina le jour même elle com-mençait. Ce fut le chef détat-major général du nou-