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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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A VERSAILLES.

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France pour la liberté, de son goût pour la Répu-blique, de ses sentiments républicains.

Êtes-vous bien sûr, riposta le chancelier, que laFrance soit aussi républicaine que vous le dites ?

Certainement, dit Jules Favre.

Eh bien, je ne suis pas tout à fait de votre avis,monsieur le ministre. Avant de traiter avec vous, nousnavons pas été, vous le pensez bien, sans étudierlétat moral de votre pays et sans nous en rendre uncompte exact. Malgré cette guerre fâcheuse pourvous, imposée à Napoléon III par la nation françaiseplutôt que désirée par lui, ainsi que je vous lai déjàdit, et cest même ce qui nous a permis, après avoirrenversé lEmpire, de combattre encore la France, laFrance, notre vieille et véritable ennemie, malgréles désastres et les défaites de votre armée, rien nétaitplus facile, croyez-moi, que de rétablir lEmpire. Jene vous soutiendrai pas quil eût été acclamé à Paris,mais il eût été certainement accepté ou subi par lescampagnes. Un plébiscite aurait fait le reste.

«Non, si nous navons pas traité avec les Bonaparte,cest que nous avons trouvé plus avantageux de traiteravec vous. Quant au prétendu amour de la Francepour la République, il eût disparu avec une facilitémerveilleuse.

« Il ny a pas longtemps que vous êtes au pouvoir.Attendez. Lorsque vous aurez manié les hommes pen-dant quelques années, de libéral que vous êtes vousdeviendrez autoritaire; de républicain, monarchiste.Croyez-moi : on ne peut pas conduire, une grande