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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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A VERSAILLES.

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veau gouverneur, le général de Yaldan, successeur dugénéral Schmitz, qui fut chargé de discuter les termesdelà partie militaire de la convention d’armistice. Cettediscussion ne fut pas dirigée par le comte de Bismarck.Elle eut lieu à l’hôtel qu’occupait le maréchal deMoltke.

Étaient présents : le maréchal, un officier généralet deux colonels d’état-major allemands, M. de Bis-marck, Jules Favre, le général de Valdan et moi.

Après les avoir discutées, le maréchal de Moltke dic-tait les différentes clauses de la convention militaire,et le texte était écrit en double par un colonel alle-mand et par moi.

Nous étions installés dans une pièce assez grande,à deux fenêtres. Le maréchal, tournant le dos au jour,présidait, ayant à sa gauche le général de Yaldan, àsa droite M. de Bismarck; à côté de M. de Bismarck,Jules Favre était assis, séparé du reste des officiersallemands par une table sur laquelle le colonel prus-sien, remplissant les fonctions de secrétaire, et moi,nous écrivions.

Avec sa figure rasée, souffreteuse et comme cra-quelée d’une infinité de petites rides, M. de Moltken’avait pas l’air d’un militaire comme nous aimonsà nous les représenter en France. Il ressemblait plutôtà un bénédictin, à un ascète, ou à un vieil acteur.

Chacune de ses paroles, nette, aiguë, précise,semblait produite par la vibration d’une languetted’acier. On sentait instinctivement que cet hommejouissait profondément de tenir sous sa main les