A VERSAILLES.
359
très sèchement qu’il regrettait beaucoup, mais qu’onn’était point réuni pour discuter sur des questions desentiment ou d’histoire, et que, vu la situation du fortcomplètement entouré de bois, il était de la plus hauteimportance stratégique qu’il fût occupé par les arméesallemandes.
Le général de Valdan expliqua qu’il ne croyait pointque la position fûtsi importante, et que, s’il tenait à lasoustraire à l’occupation prussienne, c’était unique-ment, — il en demandait pardon au maréchal, — afinde donner un semblant de satisfaction patriotique etmorale aux Parisiens, satisfaction qui, dans l’espèce,était une question politique intéressant les deux na-tions, pouvant faciliter leurs rapports.
Le maréchal insista, et l’on allait passer outre, lors-que je crus pouvoir me permettre d’intervenir timi-dement.
— Monsieur le maréchal, dis-je, je demande millefois pardon à Votre Excellence, mais je crois qu’ellese trompe.
— En quoi, monsieur le capitaine? me réponditM. de Moltke, qui me regarda en clignant des yeuxcomme lorsqu’on veut apercevoir un objet dans lelointain.
— Mais... parce que le fort de Vincennes n’estnullement entouré de bois. Il y a bien à côté la forêtde Vincennes, mais on ne peut pas dire qu’un fortà proximité d’une forêt soit entouré de bois.
— - Je vous demande pardon à mon tour, monsieurle capitaine, répliqua le maréchal; le fort est complè-