360 JOURNAL D'UN OFFICIER D’ORDONNANCE.
tement entouré de bois. Du reste, il est facile de s’enrendre compte.
Et prenant la carte qu’un de ses officiers s’étaitempressé de lui passer, il l’étendit sur la table oùnous écrivions.
Cette carte était coloriée, et, en effet, on apercevaitle fort de Yincennes entièrement environné d’uneteinte verte.
— Mais cette carte n’est pas exacte I m’écriai-jeaussitôt. Il n’y a pas de bois de ce côté. Puis ici, àdroite, on a totalement oublié d’indiquer le camp deSaint-Maur.
— En êtes-vous sûr? dit le maréchal, étonné del’assurance de mes affirmations.
— Parfaitement sûr, Excellence, et je n’ai pas grandmérite à cela: mon frère, officier d’ordonnance dugénéral Berthaut, est resté campé assez longtemps àSaint-Maur avec la mobile, que commandait le géné-ral, pour que j’aie eu tout le loisir d’étudier les envi-rons du fort de Yincennes.
— Voyons votre carte, dit en se retournant vive-ment le maréchal au général de Valdan.
Celui-ci fit un léger haut-le-corps, en levant les deuxmains en même temps pour indiquer qu’il n’avait pasapporté de carte, et se retourna à son tour vers JulesFavre, qui lui non plus ne s’était pas muni d’un enginqu’on aurait pu cependant croire indispensable.
Cette scène rapide me rappela un duel dans lequelje fus témoin avec le comte Exelmans. Chacun desdeux groupes de témoins avait cru qu’on se battrait