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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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A VERSAILLES.

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mais il insista pour que je passasse le premier. Jenote toutes ces petites choses, parce que les moindresdétails de ces journées se sont fixés ineffaçablementdans ma mémoire.

Nous étions rue de Provence. Nous tournâmes àdroite, et nous débouchâmes presque aussitôt sur leboulevard de la Reine.

Ce boulevard était encombré dofficiers allemandset de dames. Cétait lheure les élégantes Prus-siennes qui avaient rejoint leurs maris venaient sefaire voir aux officiers des différents états-majors. Ontémoignait à M. de Bismarck un respect à peu prèsaussi profond et aussi empressé que celui quon pro-fesse, partout ailleurs quen France, envers lesmembres des familles souveraines.

Ce respect tout naturel, qui nhésite jamais à semanifester, ne métonbait pas. Élevé en Allemagne, jeconnaissais, pour lavoir côtoyée, admirée et enviée,la hiérarchie sociale qui règne en ce pays, lepeuple ne cherche pas à ramener tout le monde à sonniveau, et chaque classe de la société rend auxclasses supérieures les marques de déférence quelleobtient des classes inférieures.

La surprise fut grande de voir un officier fran-çais marchant à la gauche du comte de Bismarck etcausant avec lui. La nouvelle de cette promenade,dont tout le monde avait saisi le sens, se répanditavec la rapidité de léclair. On télégraphia à Londres,à Berlin et à Tienne que le chancelier de lEmpiredAllemagne sétait promené dans un lieu public