A VERSAILLES.
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mais il insista pour que je passasse le premier. Jenote toutes ces petites choses, parce que les moindresdétails de ces journées se sont fixés ineffaçablementdans ma mémoire.
Nous étions rue de Provence. Nous tournâmes àdroite, et nous débouchâmes presque aussitôt sur leboulevard de la Reine.
Ce boulevard était encombré d’officiers allemandset de dames. C’était l’heure où les élégantes Prus-siennes qui avaient rejoint leurs maris venaient sefaire voir aux officiers des différents états-majors. Ontémoignait à M. de Bismarck un respect à peu prèsaussi profond et aussi empressé que celui qu’on pro-fesse, partout ailleurs qu’en France, envers lesmembres des familles souveraines.
Ce respect tout naturel, qui n’hésite jamais à semanifester, ne m’étonbait pas. Élevé en Allemagne, jeconnaissais, pour l’avoir côtoyée, admirée et enviée,la hiérarchie sociale qui règne en ce pays, où lepeuple ne cherche pas à ramener tout le monde à sonniveau, et où chaque classe de la société rend auxclasses supérieures les marques de déférence qu’elleobtient des classes inférieures.
La surprise fut grande de voir un officier fran-çais marchant à la gauche du comte de Bismarck etcausant avec lui. La nouvelle de cette promenade,dont tout le monde avait saisi le sens, se répanditavec la rapidité de l’éclair. On télégraphia à Londres,à Berlin et à Tienne que le chancelier de l’Empired’Allemagne s’était promené dans un lieu public