364 JOURNAL d’üN OFFICIER D’ORDONNANCE.
avec l’aide de camp du ministre des affaires étran-gères de France.
Et que de mères, le lendemain, que de femmes etde filles durent remercier Dieu, de leur annoncer ainsile prochain retour d’êtres chéris qu’elles craignaientchaque jour de ne plus jamais revoir I
Le soir, en nous quittant, et au moment où nousmontions en voiture, M. de Bismarck dit à Jules Favre :
— Nous sommes d’accord sur tous les points, n’est-ce pas?
— Parfaitement, répliqua Jules Favre.
— En ce cas, il est inutile de brûler plus longtempsnotre poudre. Je vous propose de faire cesser lebombardement aujourd’hui même, ce soir à minuit.M. de Moltke est prêt à télégraphier partout en consé-quence. Cela vous va-t-il?
— Ah! monsieur le chancelier, dit Jules Favre ense précipitant sur la main que lui tendait le comte,vous me rendez bien heureux, je n’osais pas vous ledemander. Permettez seulement, Excellence, que cesoit Paris qui tire le dernier coup de canon.
— C’est convenu. Adieu.
Le soir, quoique bien fatigué, je voulus me donnerle plaisir de voir passer cette minute tout à fait psy-chologique, comme disait le chancelier; et j’allai mepromener sur les quais. Les batteries de Meudon,celles de Châtillon, faisaient ijage.
Je me souviens que j’entendis le premier coup deminuit au pied de l’horloge du Palais de Justice.
Il faut croire que les montres de l’armée allemande