A VERSAILLES.
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Il était aussi naturel qu’en sa qualité de maire deParis, M. Jules Ferry vînt à Versailles pour le ravi-taillement. Il y vint plusieurs fois, et je fis la route entiers avec lui et Jules Favre, dans ce coupé de l’Em-pereur qui nous rendit de si grands services.
M. Jules Ferry était bien plus élégant que M. JulesFavre. Deux Jules. D’ailleurs, les Jules ne manquaientpas dans le gouvernement : Simon s’appelait Jules,Trochu lui-même était affligé de ce prénom un peutrop banal parmi nos gouvernants, qui n’ont guèreque cela de commun avec César. M. Jules Ferry por-tait une redingote courte et pincée, un pantalongris clair malgré la saison, des gants gris perle. Ilplastronnait.
Quoique à diverses reprises M. Jules Ferry, dans lavoiture étroite, crût devoir parler bas, à l’oreille deJules Favre, ce qui était d’une politesse douteuse àl’égard du troisième voyageur, je compris parfai-tement que les principales préoccupations de cesdeux honorables étaienx les élections de province,qu’il fallait absolument faire aboutir dans un sensrépublicain; l’attitude de Gambetta, qui ne paraissaitpas enthousiasmé le moins du monde de l’armistice;la nécessité absolue de conserver les armes à la gardenationale, — sur ce point, M. Ferry était aussi catégo-rique que Jules Favre; — et enfin, et surtout, le main-tien de la République.
J’avoue que j’aurais préféré les entendre un peumoins causer de leurs petites combinaisons poli-tiques, et un peu plus du grand dilemme qu’ils sem-