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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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306 JOURNAL düN OFFICIER DORDONNANCE.

vérité exacte au sujet des subsistances, et quen réa-lité nous étions moins à sec quon ne la dit. Onavait dabord parlé du mois de mars, comme termeextrême des vivres. Puis on déclara quon sétaittrompé, quon ne pourrait aller plus loin que lespremiers jours de janvier. Sétait-on trompé vérita-blement? Je ne le pense pas. La preuve, cest quelabondance a régné dans Paris, avant que, mathéma-tiquement, les trains dapprovisionnement aient puentrer dans les gares; et que, longtemps après lapaix, jai constaté un peu partout quil y avait desmonceaux de farine gâtée, de pommes de terre pour-ries, de lard rance, etc., etc. Je ne blâme pas legouvernement davoir prévenu le moment le painaurait réellement manqué, et, à défaut dautres ex-cuses, il en aurait trouvé une suffisante pour expli-quer la capitulation dans la progression effrayante dela mortalité, pendant les dernières semaines du siège,et surtout de la mortalité infantile.

Donc, officiellement, la plus grosse question, laquestion urgente, celle qui avait amené Jules Favreà Versailles, étant celle du ravitaillement, il était na-turel que les ingénieurs et directeurs de chemins defer vinssent sentendre avec les autorités allemandespour les travaux de raccordement des lignes coupées,de réfection des ponts, des tunnels, pour la locationdun matériel roulant, dailleurs préparé davancepar les Allemands, qui, larmistice une fois signé,se sont montrés absolument corrects et même pré-venants.