378 JOURNAL d’lN OFFICIER D’ORDONNANCE.
7 février 1871.
Mon bien cher aide de camp,
Je ne vais pas aujourd’hui à Versailles. Peut-être sera-cedemain; je vous le ferai savoir.
Bien à vous,
Jules Favre.
Yoici la seconde.
10 février au soir.
Je suis bien touché de toutes vos bontés, mon bien chercapitaine. Je ne voudrais pas abuser de votre complaisanceet de vos fatigues. Si cependant ce n’est pas trop vousdéranger, demain, à onze heures un quart, je quitterai mamaison pour aller à la gare d’Orléans, et dans tous les cas,i,e serai très heureux de vous serrer la main.
Merci encore et bien à vous,
Jules Favre.
Ce fut la dernière expédition que nous fîmes encommun.
A vrai dire, et comme il faut être franc en toutechose, j’avais la bêtise de m’imaginer que Jules Favrepensait encore à « son cher capitaine », à « son cherenfant » ; je me présentai deux ou trois fois au minis-tère : je n’eus jamais la bonne fortune d’être reçu.
Comme, pour revenir prendre part à la guerre, j’a-vais brisé, en somme, une petite carrière diplomatiquequi commençait; comme je n’aurais trouvé que justeet légitime de renouer,— sous les auspices de celui queje couvrais de mon corps, alors qu’il tremblait devantles postes de la garde nationale, le fil rompu de mesdestinées,— j’écrivis une longue lettre où je rappelais