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Tome premier.
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LE RHONE PRIMITIF.

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savent reconnaître les anciennes limites des glaciers disparus. Cesllr >tnenses fleuves de glace, qui ont occupé dans les temps pré-historiques toutes les grandes vallées des Alpes, étaient, sauf lesdimensions, identiques avec les coulées glaciaires qui s’épanchentau Jourd’hui des gorges supérieures. Leurs effets ont été les mêmes.Les modifications qu’ils ont produites sur le relief et la configura-*- l0 n du sol, les traces qu’ils y ont laissées sont exactement sem-blables à celles que nous observons tous les jours dans le lit denos glaciers modernes, qui ne sont que des miniatures si onl es compare à ceux de l’époque antéhistorique.

Grandes ou petites, toutes les coulées de glace descendent len-tement des gorges des vallées en obéissant aux mêmes lois. Or, lafllnce n’est pas une matière absolument rigide et incompressible;e H e est, au contraire, plastique et malléable, et se moule en quel-A Ue sorte dans le lit de rocher qui l’enserre ; mais dans ce mouve-ITle nt de descente, elle en use les parois et raye les roches latéralesCorn me le ferait un polissoir. Toutes les roches comprises entre lefoncier et les falaises encaissantes, toutes celles qui se trouventau ~dessous de ce fleuve gelé supportent une pression effroyable;C ^ es sont broyées et réduites en menus fragments, en une sortede boue impalpable qui joue absolument le rôle de l’émeri dans lePolissage mécanique employé dans les arts. Il se produit, pare ffet du mouvement continu d’un glacier, le même phénomène|j Ue lorsqu’on cherche à polir des blocs de marbre ou de grès àa *de du sable mouillé. La cuvette du glacier et les falaises laté-[ ales contre lesquelles il glisse sont frottées‘et rayées par cet^eri e j- présentent des stries, des traits rapprochés, des canne-, res toujours longitudinales et parallèles, et qui indiquent la pres-Sl °n et le sens de la marche du fleuve de glace. Ces stries sont*’° u t à fait caractéristiques. Les roches usées par les cours d’eauSori t toujours arrondies, lisses et polies, et ne présentent jamais de| r ies; fl f au t nécessairement le frottement produit par la boue gla-j^ a ire pour déterminer des rayures. Ces rayures existent invaria-etn ent à la surface de toutes les roches qui ont été en contactaVec les glaciers actuels; et, comme les mêmes effets ne peuvent