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PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE PREMIER.
s’expliquer que par les mêmes causes, on peut affirmer que partoutoù l'on retrouve des roches striées dans les vallées inférieures, onest dans le lit d’un ancien glacier disparu (i).
Mais ce n'est pas tout; et l’on peut interroger d’autres témoinsplus éloquents encore. Ce sont ces magnifiques blocs de pierre queles glaces transportent lentement dans leur marche et qu’ellesamoncellent à de très grandes distances de leurs lieux d'origine,sans avoir émoussé, après tant de siècles écoulés et tant de kilo-mètres parcourus, leurs arêtes et leurs aspérités.
On les appelle des « moraines ». Elles proviennent des éboule-ments des parois latérales. De tous côtés les glaciers sont dominéspar de hauts sommets. Ces sommets ne sont bien souvent que desruines branlantes. La pluie, la neige, la chaleur, la gelée, le dégel,tous les agents atmosphériques en un mot, sans compter un cer-tain nombre d’actions chimiques, les altèrent et les désagrègent.Ils se décomposent, s’émiettent et s’écroulent. Les blocs tombentainsi à la surface du glacier; ils cheminent avec lui en convoisinnombrables, lentement, silencieusement, sans secousse, en sui-vant les deux berges du grand fleuve de glace, et vont enfin s’en-tasser les uns sur les autres à son extrémité inférieure en formantune véritable digue. Si le glacier progresse, il recouvre cette bar-rière, et elle disparaît; s’il se retire, il la laisse à découvert, et Yonvoit alors se dessiner, tout autour de ses anciennes limites, uncordon de blocs erratiques. Deux cordons de même nature existentaussi le long des rives du glacier, au pied des escarpements q ull’enserrent.
Ainsi les stries régulières des roches, la boue et le sable résul-tant de leur trituration, les « moraines latérales » et surtout l a« moraine terminale ou frontale » qui marquent les deux rives etla limite inférieure de la coulée glaciaire, tels sont les phénomènesinhérents à l’existence d’un glacier et que son mouvement de pr°'gression peut seul expliquer.
Lorsque tous ces phénomènes se trouvent réunis dans une val'
(i) G. DE Saporta, Les temps quaternaires. Les extensions des glacief s >Paris, 1881.