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Tome premier.
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LE RHONE PRIMITIF.

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tae, il est donc rigoureux d’en conclure que cette vallée a étéau trefois occupée par les glaces.

XIV

Le bassin de l’ancien glacier du Rhône est un de ceux qui ont^é le mieux étudiés (i). C’est à la fois le mieux dessiné et le plusconsidérable de la Suisse. Il avait autrefois pour limites Belleydans le département de l’Ain, Aarau dans le canton de Soleure, etSe soudait, à l’Est et au Sud, aux glaciers de l’Isère et de laLurance. Il remplissait tout le Valais, couvrait le lac de GenèveSUr mille mètres de hauteur, dépassait Lyon et, s’épanchant parta couloir du fleuve actuel, s’étendait en Provence jusqu’à Châ-te au-Arnoux, à seize kilomètres en aval de Sisteron (2).

L’immense coulée glaciaire absorbait et recouvrait ainsi toute laVa llée supérieure du Rhône et les vallées de ses affluents alpins,' a Viège, la Dranse, l’Arve, l’Isère, la Durance. L’imaginationP e ut à peine se représenter un pareil débordement; mais lespreuves sont là, irréfutables, éloquentes; et c’est pour ces grands*tauves disparus de l’époque glaciaire que l’on peut réellementdtae avec le texte sacré que « les pierres parlent, lapides clama-bunt » ( 3 ).

L’ancienne extension des glaciers se manifeste, nous venons deta Voir, par des effets durables et permanents.

Partout où le fleuve de glace a passé, les roches de fond et lesr °ches latérales qui constituent ses rives et sa cuvette sont uséesc arrondies par l’immense polissoir. Ces roches, auxquelles ond°nne le nom de « roches moutonnées », se retrouvent dans le

Ch.

A E. Cézanne, Étude sur les torrents. L’ere torrentielle, Paris, 1872. —

-Martixs, Les glaciers actuels et la période glaciaire, Paris, 1867. —

Cals an et E. Chantre, Monographie géologique des anciens glaciers et duerr ain erratique de la partie moyenne du bassin du Rhône, Lyon, 1880.

( 2 ) Voir la carte placée au commencement du volume.

( 3 ) S. Luc, xix, 40.