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PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE PREMIER.
et descendait, en sens inverse, sur les deux plans inclinés de chaquemassif. Les glaciers, aujourd’hui séparés, se soudaient ainsi lesuns aux autres (i).
La modeste montagne de Sion, située au Sud de Genève, étaitle point de rencontre de trois grands glaciers de la Suisse et de laSavoie, à l’époque antédiluvienne. L’un, le glacier du Rhône,descendait tout le Valais, et avait reçu déjà, par le col de la For-claz et la vallée de la Dranse, un premier épanchement de la cou-lée glaciaire de cet immense dôme du Mont-Blanc, le plus élevéde toute l’Europe; le second suivait la large dépression ouverte,dans la direction du Sud-Est au Nord-Ouest, de Chamonix à Genèveet qui est depuis devenue la vallée de l’Arve. Un troisième déversoirdéglacé s’écoulait par le col du petit Saint-Bernard et les versantsétagés des montagnes de l’Oisans. C’était le glacier de l’Isère quin’en faisait qu’un avec ceux de ses affluents, l’Arc, le Drac, laRomanche, remplissait les lacs d’Annecy et du Bourget, s’éten-dait jusqu’à Bourg, couvrait toute la Bresse et poussait ses mo-raines et ses boues, d'une part jusqu’au pied des collines du Lyon-nais, de l’autre, le long de la vallée du Rhône jusqu’à Vienne enDauphiné, peut-être même jusqu’à Valence.
La vallée supérieure de la Durance enfin était elle-même unimmense glacier qui se soudait aux précédents par-dessus les colsdes Alpes Grées. Une mer bosselée de glace couvrait ainsi lesplateaux supérieurs des Alpes Briançonnaises, et l’on retrouve lestraces de son séjour prolongé au-dessous de Sisteron, presque àla limite des plaines ensoleillées de la Provence (2).
(1) Viollf.t-le-Duc, Le massif du Mont-Blanc, étude sur sa constitution gk°~dêsique et géologique, sur ses transformations et sur l’état ancien et moderne deses glaciers, Paris, 1876.
(2) Voir A. Falsan et E. Chantre, Monographie des anciens glaciers dubassindu Rhône, op. cit., et G. de Saporta, Les temps quaternaires, op . cit.