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Tome premier.
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LE RHONE PRIMITIF.

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XV

Ainsi, depuis le Gothard jusqu’à Lyon et plus bas encore, leRhône disparaissait sous un grand revêtement de glace, ou pourmie ux dire il n’existait pas. Il ne commençait à couler à l’air libre< ï u a la limite inférieure du glacier.

Quel était alors l’aspect et le régime de ce fleuve? Il est difficilele préciser; mais il est cependant possible de s’en faire une1( l^ e d’ensemble, suffisamment exacte. Et tout d’abord, nousVer >ons de le dire, au lieu d’avoir, comme de nos jours, depuis leHaut-Valais jusqu’à l’extrémité de la Camargue, un développe-ment de près de sept cent vingt kilomètres, il était réduit à uncourt tronçon qui commençait à Lyon, à Vienne, peut-êtrememe à Valence seulement, au pied même des glaciers réunis duRhône et de l’Isère, et se terminait, aux environs d’Avignon,^ ans le fond d’un golfe ouvert sur la Méditerranée. Ce tronçon,1 Ul instituait à lui seul tout le fleuve, ne devait avoir, au plusl° r t de la période glaciaire, qu’un développement de cent cinquantea deux cents kilomètres environ, le quart par conséquent de cequ>i l a aujourd’hui.

Re fleuve s’est peu à peu développé en gagnant du côté de sas °urce, au fur et à mesure que le glacier opérait son mouvementd e recul ; mais ce mouvement a été fort lent et a dû vraisembla-e ment subir plusieurs oscillations.

R*n ne saurait d’ailleurs se faire une idée, même approximative,e 'a durée de l’époque glaciaire; on sait cependant que cettee P°que a eu deux phases distinctes séparées par une période dere chauffement. L’ensemble de ces trois périodes représente certai-ne ment un très grand nombre de siècles; mais, dans l’accomplis-erne nt de ces grands phénomènes de la nature, les années doiventSe c ompter par milliers, les siècles ne sont que des unités; et,fl u and on observe avec quelle lenteur la glace agit sous nos yeux