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Tome premier.
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LE RHONE PRIMITIF.

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temps, à l'état de plaines nues, recouvertes de détritus de rochesPresque pulvérisés.

Sur ce lit de moraines, de cailloux et de matériaux presquedésagrégés, plus ou moins agglutinés par la boue résultant de latrituration des roches encaissantes, les eaux provenant de la fontedes glaces ont commencé leur grand travail d’érosion et de colma-tage; et l’on conçoit sans peine l’énorme débit qu’a dû avoir leRhône, pendant plusieurs siècles, lorsque tout l'espace comprise ntre le Gothard, le Jura, le Mont-Blanc, les montagnes de l’Oi-Sans et les plaines du Dauphiné, constituait un seul massif de§tace fondante. Cette période de dégel a succédé immédiate-rne nt à la période glaciaire, ou, pour mieux dire, ces deux périodesSe son t confondues. Les eaux torrentielles nées de la fusion de1 immense mer de glace ont remanié les moraines. Les terrassesde blocs erratiques déposés par les glaces, soit longitudinale-ment sur le flanc des montagnes, soit transversalement dans lefond des vallées, ont été bouleversées par les torrents ; des délugesSuccessifs ont balayé le thalweg dans toute sa longueur et donnéNaissance à ces grandes plaines de cailloux roulés qui recouvrentia région du Bas-Rhône.

La Crau d’Arles est le résultat de cette puissante dispersion.La mer de glace de la zone supérieure a produit dans la zone infé-rie ure une mer de cailloux.

Cette formation récente de la Crau est due presque en entieraux débâcles glaciaires de la Durance. Le torrent boueux n’étaitP as alors un simple affluent du Rhône, mais bien un véritable^ euve qui se jetait à la mer, en débouchant par le pertuis de Lama-n ° n i près de la petite ville de Salon, dans cette brèche naturelleC f Ul sépare la chaîne des Alpines des montagnes de la Trévaresse.

Le Rhône, de son côté, se déversait, ainsi qu’on l’a dit plus^ au L dans le golfe à la hauteur d'Avignon. Entre la montagne deCette et la chaîne de l’Estaque qui précède la rade de Marseille,

Iq, p A f .

cote se creusait profondément et dessinait une échancrure àP eu près demi-circulaire, véritable bras de mer que le diluvium duRhône et celui de la Durance ont peu à peu remblayé. Ce pre-