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Tome premier.
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PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE PREMIER.

mier travail n’a été qu’une ébauche, et les eaux des deux fleuvesse sont alors répandues librement sur la plaine de cailloux roulés;elles y ont accompli, elles y continuent encore leur grande œuvrede colmatage qui a donné naissance à la Camargue. Chaque annéevingt-quatre millions de mètres cubes sont charriés aux embou-chures, viennent augmenter la puissance de l’appareil littoral, etle fleuve avance ainsi graduellement vers la mer, sans qu’aucuneforce humaine puisse s’opposer à cette progression continue,presque régulière, et que des relevés assez précis permettentd’évaluer de trente à quarante mètres par an.

XVI

Nous venons de décrire les transformations successives duRhône à travers les siècles. Résumons la série des phénomènesqui les ont produites.

Les grandes chaînes de montagnes sont le résultat d’une suc-cession de soulèvements et d’abaissements du sol qui se sontajoutés les uns aux autres; et les dernières grandes oscillationsqui datent de l’origine de notre période géologique quaternaire ontdonné, à très peu près, à la surface du globe son relief actuel. Maisce relief n’est pas absolument fixe. Ce que nous voyons de notreterre n’est en effet qu’une enveloppe, un mince épiderme qui re-couvre un noyau central dont nous ne connaissons qu’imparfaite-ment la nature et qui est probablement composé de matières fluidessoumises à une température extraordinairement élevée. Cette enve-loppe n’adhère pas à son noyau; elle flotte autour de lui, bascule,se ride et se plisse comme le ferait la toiled’un aérostat incomplète-ment gonflé de gaz. Mais nous n’avons pas conscience de ces mou-vements, en général fort lents, de la surface; car ils n’altèrent quepar degrés insensibles le relief général de l’écorce terrestre. Ces rides,ces plissements de l’enveloppe sont nos chaînes de montagnes etnos vallées. Les eaux provenant de la condensation des vapeurs del'atmosphère se sont concentrées naturellement dans ces dépres-