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PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE PREMIER.
actuelle. Le laurier-rose fleurissait alors sur les bords de la Saôneet s’y mariait au laurier des Canaries, au bambou, au magnolia.Or, comme on connaît très bien le degré de chaleur nécessairepour la floraison du laurier-rose et le degré de froid qui fait périrle laurier des Canaries, on peut définir assez exactement le climatqui permettait à ces deux arbres d’être réunis et de prospérer dansune même contrée. Un grand nombre des arbres de cette floresubtropicale composée de palmiers, de bananiers mêlés auxchênes, aux ormeaux et aux peupliers semblables à ceux qui sedéveloppent dans toute l’Europe, n’a pu résister aux rigueurs dela période glaciaire, et l’on n’en retrouve plus que les restes dansles couches les plus récentes du sol (i).
La faune de l’époque glaciaire a également disparu en partie.Le renne, l’éléphant laineux connu sous le nom de mammouth, I egrand ours des cavernes ne vivent plus au milieu de nous.L’homme seul, avec la merveilleuse flexibilité de son organisme,a traversé sans altération toutes ces crises. Témoin des dernièresrévolutions géologiques qui ont bouleversé la surface du sol, fl 3vu les deux périodes glaciaires et les déluges qui les ont accomp 3 'gnées et suivies (2). Son apparition est, on n’en doute pl uSaujourd'hui, bien antérieure à l’âge historique (3). Certains géo-logues croient même pouvoir affirmer qu’il vivait déjà dans I 3période tertiaire; et on a retrouvé, en effet, au milieu des couchescorrespondantes à cette dernière période, des éclats de pierre fen-dus par le feu, que l’on considère comme des instruments fabri-qués par une main intelligente (4). Peut-être est-il prudent d’at-
(1) G. de Saporta, op. cit., pass. — Ch. Martins, op. cit., pass.
(2) E. Levasseur, Esquisse de Vethnographie de la France. Séance publiq ueannuelle des cinq Académies, 25 octobre 1880.
(3) Voir Mgr Meignan, Le monde et l'homme primitif selon la Bible, pa ss *Paris, 1869. — Gabriel de Mortillet, Le Préhistorique, antiquité de
Paris, 1883. — G. de Saporta, Uhomme préhistorique, essai de synthèsepaléoethnique, Paris, 1883.
(4) On sait que la question de l'homme quaternaire et de l’homme tertiaire estdevenue, comme tant d’autres qui auraient dû rester exclusivement scientifiqu 63 ’le théâtre des luttes du dogmatisme et de la libre pensée.
Les extraits suivants des principaux anthropologistes modernes que nousempruntons au Journal des savants (décembre 1881) permettront de juger de