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PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE PREMIER.
glaciaires; et il est scientifiquement établi qu’à l'époque où l aterre n’offrait pas les conditions climatériques actuelles, où l’Eu-rope en particulier était habitée par de puissants carnassiers, oùelle était assez froide pour nourrir dans sa partie méridionale I e
jadis par des Primates anthropomorphes supérieurs à ceux qui existent encore, 1 *Providence aura laissé périr ces précurseurs de l’homme avant de créer nos pre-miers parents (#). »
Le P. Monsabré a accepté aussi le même moyen de conciliation entre lesdonnées bibliques et les découvertes de la science : h De deux choses l’une,déclare-t-il, ou bien les savants reconnaîtront qu'ils ont exagéré la valeur deleurs chronomètres et se verront obligés de rajeunir leurs terrains, ou bien denouvelles découvertes nous mettront sur la trace d’un être anthropomorphe q ulfut, dans l’admirable progression du plan divin, l’ébauche et le précurseur del'homme, et auquel il faudra attribuer les instruments de l’époque tertiaire (**)• ”
Un éminent professeur de la faculté de théologie de Paris, M. l'abbé Fabred’Envieu, a même cru pouvoir dire, tout en restant fidèle à sa foi et sans sedépartir du respect dû aux dogmes mosaïques acceptés par toutes les commu-nions chrétiennes : « L’archéologie préhistorique et la paléontologie peuvent,sans se mettre en opposition avec la Sainte Écriture, découvrir, dans les terrainstertiaires et dans la première partie de la période quaternaire, des traces depréadamites. En ne se préoccupant pas des créations antérieures h l’avant-der-nier déluge, la révélation biblique nous laisse libre d’admettre l'homme dudiluvium gris, l’homme pliocène et même l’homme éocène. D’un autre côté tou-tefois, les géologues ne sont pas fondés à soutenir que les hommes qui auraienthabité la terre h ces époques primitives doivent être comptés au nombre de nO saïeux (W), »
« Rien ne nous empêche de croire, dit d’autre part M. l’abbé d’Envieu, q uedes races d'hommes ou de quelques animaux raisonnables ont existé pendant I edéroulement des trois dernières époques géologiques. Un animal doué d’un eâme intelligente couronnait chacune de ces créations. Ces êtres ont eu leurtemps d’épreuve; ils ont accompli leur destinée terrestre; et, lorsqu’elle a ététerminée, Dieu leur a donné une récompense ou un châtiment . „
L’abbé d’Envieu et les géologues du groupe de Darwin se rencontrent donc e Dce sens qu’ils accordent à l’homme actuel des précurseurs. Mais les deux école 3attribuent un rôle bien différent à ces êtres intelligents, qui n’étaient pas encoredes hommes. Dans la pensée du prêtre croyant, il fallait que chaque créati° neût son intelligence, capable d'en comprendre les beautés et d’en offrir l'hoiu-mage â son Créateur. Puis, lorsque le temps pour les races qui nous ont précédésfut terminé, Dieu détruisit, dévasta leur demeure. Il la restaura ensuite p af
(#) H. de Valroger, op. cit.
(**) Conférence à Notre-Dame de Paris, 1875, citée par M. de Baye et M. A. é ej^uatrefages, Journal des savants, décembre 1881.
(***) Fabre d’Envieu, Les origines de la terre et de l’homme d’apres la Bible 1d’après la science, ou ïHexamèron génésiaque considéré dans,ses rapports avec &enseignements de la philosophie, de la géologie, de la paléontologie et de l’archeologie préhistorique, 1873.
Fabre d’Envieu, op. cit.