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Tome premier.
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PREMIÈRE PARTIE.

CHAPITRE PREMIER.

la Savoie nous montrent les vestiges de ces cités primitives, q ulmarquent déjà une seconde étape de l’humanité, dont les pilotisse maintiennent, après tant de siècles, dans un merveilleux étatde conservation et sont à peine recouverts par une légère couched'algues et d’atterrissements.

Quelques siècles s'écoulent encore, et l’homme « historique >’apparaît enfin avec son cortège de traditions et de légendes, dansun lointain poétique et mystérieux. Ce n’est plus le pauvre chas-seur de rennes, pouvant à peine se protéger contre la rigueurdes climats et les attaques des animaux, vivant ou plutôt végétantau fond de grottes cachées à flancs de coteaux dans un épais fouillisde ronces et de broussailles ou dans de chétives cabanes isolées aumilieu des eaux. C’est l’homme libre, ayant conscience de sa supé-riorité sur la nature qui l’entoure, occupant la vallée, cultivant laplaine, frayant des sentiers, naviguant fièrement sur les fleuves etsur la mer. La terre lui appartient désormais. Il assiste aux der-nières révolutions géologiques du globe. Il voit s’éteindre les vol-cans de l’Auvergne et se fondre les glaces qui couvraient la bassevallée de l’Isère et les collines du Lyonnais. Il extermine les der-niers carnassiers qui lui avaient fait si longtemps la guerre. ^règne enfin dans la plénitude de sa force et de sa volonté.

La nature s’est adoucie comme le climat; elle offre désormais àson maître des conditions de vie, de bien-être et de richesse biensupérieures à celles des âges précédents. A mesure que les grandsglaciers se sont retirés, ils ont laissé à nu le sol couvert de boueide sable fin, de blocs de rochers et de cailloux roulés, entrecoupéde distance en distance par d’énormes barrages qui ont emprisonnéles eaux résultant de la fusion des glaces. Le grand travail del’érosion a modelé et remanié tous ces dépôts. Les lacs morainiqueSse sont comblés, les vallées se sont colmatées, la végétation a pe uà peu transformé ce chaos de pierres en bois et en prairies. Le 5forêts, se propageant de proche en proche, ont recouvert le sous-sol d’un manteau de verdure. Les torrents se sont éteints.

L’ère torrentielle a pris fin. Les cours d’eau creusent désormaisleur sillon au milieu des déjections de l’époque diluvienne; d s