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PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE DEUXIÈME.
tous les rivages de la région méditerranéenne par le dieu tyrienHercule. Un commencement de civilisation, une sorte de premierpolissage des peuples barbares aurait été, dans tout l’Occident, l aconséquence du passage ou du séjour de ce héros mystérieux, ala fois guerrier et protecteur ; et le vague souvenir d’un état meilleur, amené par le bienfait d’étrangers puissants, de conquérantsd’une race supérieure et presque divine, semble s’être perpétuelde générations en générations, pendant les premiers sièclesl’époque gauloise ou celtique (i).
C’est à eux qu’on attribue la fondation de plusieurs villes de I arégion littorale de l’Ibérie et de la Gaule, de la plupart de leur 1 2 3 4ports, et l’établissement des routes tracées le long de la côte.
Le souvenir d’Hercule est resté sur tout ce rivage. Divers
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tronçons d’une voie littorale reliaient sur la côte de Provencecomptoirs grecs et phéniciens ; on l’appelait la « voie Heracléenne », via Herculea. La grande légende de la Crau parle d eSexploits du demi-dieu contre Albion et Bergion, fils de Neptuneet de la lutte héroïque qu’il soutint contre les Ligures (2). La g r ^ ede pierres que Jupiter déchaîna pour donner à son fils des armescontre ses ennemis couvre encore le sol sur une étendue de pl usieurs kilomètres (3); c’est cette grande mer de cailloux qu’on app e ^ ela Crau d’Arles (zpjn/aiv neiïw, plaine basse et pierreuse) ( 4 ) •Un peu plus loin, dans les Alpes-Maritimes, on retrouve la traced’Hercule escaladant les derniers contreforts de la chaîne qui sép arela Provence de la Ligurie et ébauchant, au pied de la Turbie, cettecélèbre route de la Corniche qui a été pendant si longtemps l'itin^
(1) Amédée Thierry, Hist. des Gaulois, partie, ch. i, 1828.
Ch, Lenthéric, La Grèce et l'Orient en Provence, ch. X, vi, 1878.
(2) Alioquin littus ignobile est, lapideum (ut vocant); in quo Hercules c0Aibiona et Bergion, Neptuni liberos dimicaniem cum telo defecissent, ob tn>v>Jove adjutum imbre lapidum ferunt. Credas pluisse, adeo multi passif# ajacent. — (Pomp. Mêla, Desit. orb., lib. II, c. v.)
(3) Voir Ja trilogie de Ptolémée dans Eschyle.
( 4 ) Crau, en celtique, d’après Cambden, craig ou crag, pierre, rocher,altération de l’ionique xpavaoç, rude, raboteux, appliqué par Homère aux terrpierreux.
.’IÔàx^çxpàvaîjîïCÊp soutrr,;.
(Hom., II., 1 . III, v. 201.)