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Tome premier.
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76 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE DEUXIÈME.

œil les empiétements successifs et l’ambition effrénée de leurs voi-sins de l'autre côté des Alpes.

Il ne fallait rien moins que l’espérance de ce concours pour fairerenoncer le chef d’une nation maritime à embarquer un ou plu-sieurs corps d’armée soit en Espagne, soit en Afrique, — ce q uln’aurait vraisemblablement pas présenté de très grandes difficultés,— et à les jeter brusquement sur la côte italienne à quelquesmarches de Rome.

Hannibal rassembla à la hâte une armée de mercenaires, recrutesun peu partout, des Espagnols, des Celtibériens, des GauloiSjdes Libyens, des Numides; — en tout quatre-vingt-dix millehommes de pied et douze mille cavaliers, sans compter les équi-pages, les transports et une belle division d’une quarantaine d’élé-phants sur laquelle il comptait beaucoup.

Il quitta Carthagène au mois de mai de l’année 218, et quelque 3jours après traversait l’Èbre un peu au-dessus de Tortose. D el’Èbre aux Pyrénées, des Pyrénées au Rhône, il suivit à très peuprès le littoral, tantôt guerroyant, tantôt luttant contre la défec-tion de ses hommes, le plus souvent occupé à nouer des relationsavec les peuplades qu’il rencontrait, et dont le secours lui étaitprécieux soit pour ravitailler son armée, soit pour l’éclairer danssa marche.

Il perdit ainsi près de quatre à cinq mille hommes dans unesérie de petits engagements en Catalogne; il crut prudent de con-gédier ensuite un corps de dix mille Celtibériens dont le moral luiparut un peu affaibli. Il avait été obligé, d’autre part, de détacherencore quelques troupes pour surveiller les côtes d’Espagne-Bref, ce fut avec cinquante mille hommes de troupes et neufmille chevaux montés, qu’il arriva au pied des Pyrénées, deU*mois après son départ de Carthagène.

On était au mois de juin.

Le passage des Pyrénées ne dut pas présenter de sérieuses dif'ficultés. D’après ce que nous apprend Tite-Live sur ses disposi'tions de marche, Hannibal se tenait le plus près possible de la meLtoujours en vue de sa flotte. Trois cols s’offraient à lui, celui de