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Tome premier.
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PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE DEUXIÈME.

plus anciens ports fréquentés par les barques du Rhône, et detout temps on avait choisi cette grève pour passer d’une rive àl’autre. Vis-à-vis, sur la rive gauche, la berge est aussi très plate,découverte, et permet facilement à un corps de troupes de débar-quer, de se développer rapidement et d’engager immédiatementun combat.

Pour toute personne qui connaît les lieux, ce ne peut être quelà qu’eut lieu le passage si vanté du fleuve dont Tite-Live nous adonné les détails les plus précis et les plus pittoresques (i).

La véritable difficulté, à vrai dire, n’était pas de traverser I efleuve, mais de forcer le passage et de se maintenir sur la riveopposée. Des hordes gauloises, animées de très mauvaises disposi-tions, étaient massées sur la rive gauche et attendaient de piedferme les Africains. Les heurter de front, c’était s’exposer à unéchec déplorable et qui pouvait avoir, au début de la campagne,de désastreuses conséquences. Mais Hannibal détourna facilementl’attention des Gaulois par une ruse de guerre à laquelle ils selaissèrent prendre avec une parfaite naïveté.

L’un de ses lieutenants, Hannon, fils de Bomilcar, avait étédétaché trois jours auparavant avec un petit corps d’armée detroupes légères, et remonta directement la rive droite du Rhônejusqu’à Pont-Saint-Esprit (2). Là, il traversa le fleuve sans coupférir, descendit ensuite rapidement le long de la rive gauche etvint prendre à revers le camp gaulois, qui faisait face à Hannibal.Attaqués ainsi à l’improviste, les Gaulois crurent que le gros del’armée carthaginoise avait déjà passé sur un autre point dufleuve ; ils abandonnèrent leurs positions pour venir au secours ducamp envahi; et Hannibal profita de cette heureuse diversion pours’engager résolument sur le Rhône.

On a quelque peu exagéré les difficultés matérielles de la tra-versée en elle-même. Quelque torrentiel que soit le Rhône, il 3une profondeur qui ne dépasse jamais deux mètres en moyenneseaux ; et de tout temps des armées, même avec tous leurs imp e '

(1) Voir Tite-Live, XXI, xxvm et suiv.

(2) Polybe, III, xlii. — Tite-Live, XXI, xxvu.